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Battre les Blacks, oui c’est possible !
Pour ce deuxième test, le XV de France victorieux la semaine précédente à Christchurch, est reconduit dans sa totalité. En revanche, pas la sélection des All Blacks qui subit deux changements : Zinzan Brooke est rappelé à la place de Pene. Stephen Bashop, sélectionné pour les Samoa lors de la Coupe du Monde 91, honore à l’ouverture sa première sélection pour les Blacks en remplacement de Mannix. Toute la semaine entre les deux tests, Maine l’entraîneur, doit subir les critiques de la presse néo-zélandaise qui ne se console pas de l’humilation du premier test. Revanchard, le capitaine Fitzpatrick promet l’enfer aux français. De fait, cela commence plutôt mal. Aussitôt aprés le toss capitaine Saint-André veut serrer la main de capitaine Fitzpatrick, un pote de quinze ans connu à l’époque où les deux joueurs portent les couleurs de Romans. En réponse, Fitzpatrick écrase les phalanges de Saint-André. Alors quand il retrouve ses équipiers au vestiaire pour relater l’incident, le capitaine averti ses hommes : "Il vient de me montrer qu’il est chez lui et que ça va être terrible". Maintenant prévenus, sont-ils en situation de broyer du noir les Bleus choisis pour jouer ce deuxième test ? La réponse est donnée dès les premières minutes du match. Ils se prennent la marée en pleine poire. Il n’y a pas de round d’observation. Et c’est vraiment sauvage ! Devant l’arbitre, le pilier Loe s’essuie ostensiblement les crampon sur un français qui a le malheur d’être tombé à terre. Pénalité pour la France. Lacroix réussit le tir au but, 3/0. Mais, battus à l’impact les français sont privés de ballons. Ils se font châtier chaue fois que déferle sur eux la marée noire. Tour à tour Lacroix, Benetton et Blond. Lacroix, le plus touché des trois, doit même laisser sa place à Delaigue. Avec Cooper il y a des coups de pied au but qui se perdent. Mais pas tous. Quand il ne réveille pas les taupes, Cooper passe des points et les français sont menés 3/6. De peur de perdre en contre, les Blacks sont frileux en attaque. Mais, parce que le public d’Auckland commence à manifester de l’impatience ils osent solliciter leurs trois-quarts. Bunce tente une longue passe en cloche sur l’aile pour Lomu. Mais Ntamak intercepte et s’enfuit pour marquer l’essai qui est transformé, 10/6. Contre le cours du jeu l’équipe de France mène à la mi-temps. Dans leur vestiaire les français, saoulés de coups pendant cette première période de rugby de sauve qui peut, sont plus bleus que bleus. Berbizier parle. Puis c’est le capitaine Saint-André qui prend la parole. La tenue en mêlée l’inquiète. Alors, il s’adresse à Merle, qu’un supporter néo-zélandais vient de baptiser "l’homme et demi" en le découvrant trois jours plus tôt à Napier. Saint-André invite son surhomme à "trouver une solution". Message reçu 15 sur 15. Reprise de match. A la sortie d’une première mêlée le pilier Loe git au sol faisant une petite sieste. Merle est passé par là. Mêlée suivante, rebellote. Merluche en remet une couche, mais c’est Califano qui prend en pleine poire la solution et doit quitter le terrain pour se faire soigner. Pendant cinq minutes Armary assure l’intérim. A la troisième mêlée qui sonne comme une troisième reprise rien à signaler sinon que les Blacks récupèrent le ballon et font du "pick and go". Les français reculent. Un maul se forme autour de Fitzpatrick. Et une vague, un peu plus forte que les autres, emporte le capitaine néo-zélandais dans l’en-but français. Les All Blacks remettent la main sur le match en reprenant l’avantage au score,10/11. Il reste encore vingt cinq minutes à jouer. Autour de l’heure de jeu des pénalités de Cooper pour les Blacks et de Deylaud pour les Bleus meublent le score. Le temps passe. A trois minutes de la fin la France est menée, 16/20. Comme il le fait à répétition depuis le reprise le demi d’ouverture Bashop botte loin devant pour occuper le terrain. A la réception du ballon Sadourny fait un retour à l’envoyeur et prend un soufflon par son capitaine qui voit la fin du match arriver et toujours quatre points de retard au tableau d’affichage. C’est presque fini. On approche de la fin du temps réglementaire quand Bashop hérite d’un dernier ballon. "En touche ! en touche !" hurle Fitzpartick pressé d’en finir. Il tape dans le ballon comme un âne le demi de fermeture néo-zélandais. Mais, au lieu de trouver la touche, il trouve Saint-André en couverture dans ses 22 mètres. Il a un coup de pied de sansonnet Saint-André mais des jambes encore alertes en cette fin de match. Alors, comme il n’a rien à perdre, il relance du bout du monde. D’abord, il repique vers l’intérieur puis redresse sa course. Cooper, puis Pene, puis Fitzpatrick, sont éliminés. Mais Saint-André bute maintenant sur une montagne, le deuxième ligne Cooksley. Arrivent en renfort Califano, Benezech et Blond qui libèrent la balle. Le talonneur Gonzalez, en position de demi de mêlée, qui ouvre sur Deylaud. percée dans l’axe puis passe à Benazzi qui vient de mettre le turbo. Face à Lomu qui n’en revient pas Benazzi ne va pas au contact. D’habitude c’est "le Roi du rentrer dans le mur" comme dit Cabannes, mais cette fois il se prend pour Charvet, Codorniou et les frères Boniface réunis. Il passe les bras pour une offrande à Ntamak à son extérieur. celui-ci repique vers l’axe central. Les mouettes habituées à paresser sur la pelouse du jardin d’Eden pendant les minutes précédente de répit, s’échappe devant ce grand chambardement. Les uns après les autres les obstacles en noir tombent devant les attaquants français. Croise Cabannes qui tombe sur le sien et l’élimine d’un crochet intérieur. Il recroise avec Delaigue qui échappe au placage de Bunce. Cadrage-débordement sur Brewer qui chute à la renverse et passe à Accoceberry venu en soutien sur sa gauche. Accélération du lévrier landais. Timu, venu en travers pour découper Accoceberry à cinq mètres de la ligne s’apprête à mettre une cartouche. Mais avant le contact, Accoceberry, qui entend l’appel de Sadourny venu avec Saint-André faire le surnombre sur l’aile gauche, fait la dernière passe. Et c’est finalement Sadourny qui plonge avec le balon dans l’en-but pour marquer un essai de 80 mètres que Deylaud transforme, 23/20. In-extremis le XV de France gagne ce deuxième test. Exploit histoirique puisqu’aprés le succés à l’issu du premier test de Chrstchurch la semaine précédente, l’équipe de France bat la Nouvelle Zélande deux fois de suite. C’est le première fois que les Bleus gagnent un série de tests chez les Blacks qui encaissent leur troisième revers concécutif, ce qui n’est pas arrivé depuis 1971. C’est la première fois depuis 1949 que les All Blacks perdent deux tests consécutifs à domicile. C’est la quatrième fois que les néo-zélandais perdent une série à domicile après l’Afrique du Sud en 37, l’Australie en 49, et les Lions en 71. C’est le plus grand exploit de toute l’histoire du rugby français. Et ce n’est pas encore entré dans le légende de l’équipe de France qui vient de fêter ses cent ans. Quelle injustice ! Publié le : 4/10/2007 par Pierre salviac | voir le(s) 8 Commentaire(s) et réagir à cet article
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